La plume

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Hirondelle

La petite histoire de l’AVENUE MONTAIGNE

« Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître » Sacha Guitry

L’avenue Montaigne a bien enfoui ses secrets éloignés de l’univers du luxe !

Eh oui, incroyable ! Ressemblant au XVIIè siècle à un chemin, surnommé «l’avenue Verte», des cabanes étaient louées à des maraîchers qui y cultivaient des courges !

Comble de l’étonnement, cette adresse deviendra au début du XIXè siècle «l’allée des veuves», où des femmes solitaires vendaient leur charme. Malfamée, on s’y faisait bien souvent trucider.

Puis, c’est le célèbre Bal Mabille entre le N°49 ou 53 qui attira les lionnes de Paris ! Une sorte de jardin enchanté entièrement artificiel avec des jardins, des allées sablées, des pelouses, des guirlandes lumineuses où fut introduit le cancan, danse au rythme endiablé très osé à l’époque : les femmes portaient des culottes fendues et faisaient perdre la tête au tout-Paris !

Bref, que de travail pour les promoteurs immobiliers pour redorer le blason de l’avenue ! Cela commencera par renommer l’avenue en 1850 en l’associant au célèbre moraliste et philosophe français Montaigne. Beau pied de nez ! La construction du Palais des Beaux Arts en 1885 (qui n’existe plus) transformera l’avenue en un quartier artistique chic où il conviendra de s’afficher et de construire des maisons élégantes.

Le mouvement est lancé : l’avenue Montaigne devient dans l’entre-deux-guerres l’épicentre du luxe et de la mode avec des maisons prestigieuses de grands couturiers. Au N°1, se trouvait la dernière adresse de l’audacieux Paul Poiret qui libéra la femme du corset et eut l’idée avant-gardiste de présenter les modèles en vitrine ! Au N°41 : l’une des maisons les plus en vogues, les sœurs Callot notamment connues pour l’utilisation de l’or, de l’argent pour faire des robes en lamé.

A cette même adresse, Madeleine Vionnet fut la pionnière dans la coupe en biais, la maîtrise du drapé et transforma la silhouette féminine. Elle fit de cette adresse un véritable temple de la mode à la conquête d’une clientèle internationale des plus raffinées que Christian Dior au N°37 en 1947, puis tant d’autres maisons telles que Louis Vuitton, Chloé, Céline, Balanciaga, Saint Laurent Paris, Prada, Gucci continuent d’insuffler avec brio aujourd’hui.

Les bijoux de la couronne dérobés et cachés en 1792 sous l’un des arbres de l’avenue auraient-il subtilement inspiré les grands aristocrates de la mode pour faire de cette avenue le joyaux international du luxe ?

 

Article rédigé par Anne-Sophie Tournier, fondatrice et présidente de L’HIRONDELLE
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