Vague
Hirondelle

LE VINYLE, SIGNATURE AUJOURD’HUI D’UN ART DE VIVRE ?

« La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe » Oscar Wilde

L’écoute d’un disque vinyle chez soi… Voici une bien sympathique petite pastille vintage donnant lieu à un cérémonial bien éloigné de la musique en streaming sans fin et accessible n’importe où, dans les transports, au café du coin, dans la rue…

Et oui, l’ordinateur ou l’Iphone sont mis de côté… La platine, cet objet si symbolique et délicieusement vintage, est allumée. Vient le moment de parcourir la petite ou grande collection de disques. Avec un large sourire, on redécouvre ses vinyles préférés, ceux que l’on avait heureusement gardés dans quelques cartons et emportés de déménagement en déménagement. On touche la couverture épaisse et contrecollée des années 70. « C’est comme le vin, les pochettes signent par leur fabrication, leur style graphique, leur  visuel et leur odeur, leur époque »

Vient ensuite le choix du 33 tours ou 45 tours : renouer avec un souvenir d’adolescence ? Réveiller la mémoire avec la pochette inoubliable de Dark in the moon des Pink Floyd? Plonger dans  l’album blanc des Beatles ?  Rire de la pochette hideuse Pet sounds des Beach Boys ? Relire les textes des paroles provocantes de Gainsbourg ? Parfois, ce sont aussi des pochettes qui ont imprimé notre cerveau avec les photos d’Irving Penn, des illustrations d’Andy Warhol…

Quel choix cornélien…Mais ce n’est pas grave, cela fait partie du rituel… Le vinyle donne la sensation de pouvoir prendre son temps, tout son temps, mais aussi d’occuper différemment son espace : on s’installe dans son canapé tout en se préparant à entrer dans une salle de concert pour y vivre en live un événement exceptionnel.

Il faut maintenant poser le disque, relever le bras de la platine, le reposer tout en délicatesse, à l’endroit où le diamant va rencontrer les premiers sillons… Et là, les premières notes résonnent, on est à côté, en face de l’artiste qui nous délivre son message. On peut se laisser submerger par l’univers musical et savourer ce moment d’émerveillement. Les notes de basse et de guitare électrique sont proches, vivantes et chaudes, la voix de l’artiste nous touche et fait tambouriner notre cœur d’adolescent jusqu’au moment où il faut retourner l’album pour continuer la lecture. C’est une brève pause qui nous rappelle le bonheur de l’écoute concentrée jubilatoire.

Objet physique associé à des moments clés de notre vie, il nous appartient tout en s’inscrivant dans nos mémoires collectives. Le vinyl ne serait-il pas le signe aujourd’hui d’un art de vivre ? Ne serait-il pas aussi notre « carte d’identité émotionnelle » ou culturelle qui affirme notre différence ?

 

Article rédigé par Anne-Sophie Tournier
Et merci à Guillaume Huret, musicologue et producteur musical (https://www.rejoice-paris.com/) pour notre échange passionnant toujours très vivant et truffé d’analogies très parlantes que je n’ai pas manqué de citer.  

 

Les autres lettres